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1er août (Journée internationale de la frite belge) : la Belgique célèbre sa frite, et personne n’a le droit de rigoler (ou un peu)

Chaque 1er août, un petit pays de onze millions d’habitants se lève, regarde le monde entier droit dans les yeux, et déclare : « la frite, c’est nous. » Bienvenue […]

1er août (Journée internationale de la frite belge) : la Belgique célèbre sa frite, et personne n’a le droit de rigoler (ou un peu)
25 juillet 20264 min de lecture

Chaque 1er août, un petit pays de onze millions d’habitants se lève, regarde le monde entier droit dans les yeux, et déclare : « la frite, c’est nous. » Bienvenue à la Journée internationale de la frite belge, un rendez-vous aussi sérieux qu’un plat de moules-frites un dimanche midi, et qui mérite qu’on lui consacre au moins autant d’attention qu’à la météo du 14 juillet. Une fois.

Ce qu’il faut savoir avant d’aller acheter votre cornet
• Date : le 1er août, chaque année, en Belgique – et de plus en plus ailleurs. • Origine : incertaine, disputée, et probablement enjolivée par plusieurs générations de conteurs. • Ambiance : fritkots, cornets en papier, mayonnaise obligatoire, blagues sur les Français en prime.
• Ne pas confondre avec le « World Fries Day », le 20 août, né… en Irlande.

Petite histoire (très) contestée d’un grand bâtonnet

La légende belge la plus citée se déroule au XVIIe siècle, du côté de Namur, sur les bords de la Meuse. Les pêcheurs y avaient pris l’habitude de frire de petits poissons pour se nourrir. Sauf qu’un hiver, le fleuve a gelé net. Plutôt que de rester sur leur faim, ils auraient alors découpé des pommes de terre en forme de petits poissons pour les faire frire à la place. Ingénieux, frugal, et diablement efficace : la frite venait peut-être de naître, sans même s’en rendre compte.

Pont Neuf

Problème : les Français racontent une tout autre histoire, avec des marchands ambulants du Pont-Neuf, à Paris, qui vendaient déjà des pommes de terre frites au tournant du XIXe siècle. Résultat, deux siècles de débat, aucun accord, et un malentendu linguistique qui a fini par envenimer les choses pour de bon : dans les pays anglo-saxons, on parle de « french fries ». De quoi hérisser le poil de n’importe quel Belge en terrasse à l’étranger, contraint de commander des « frites françaises » pour obtenir ce qu’il considère, dur comme fer, comme un patrimoine national.

Certains historiens de la gastronomie tentent une synthèse plus mesurée : la friture de tranches de pomme de terre serait apparue côté français au début du XIXe siècle, avant que la Belgique ne s’approprie durablement le geste – notamment grâce à la double cuisson, cette technique qui transforme une simple pomme de terre frite en véritable institution nationale. Comme quoi, l’invention et la perfection ne sont pas toujours signées par la même main.

Photo de la recette : Frites belges maison

Comment ça se fête, chez nos voisins ?

En Belgique, on ne va pas se mentir : la journée du 1er août ressemble surtout à un excellent prétexte. Les fritkots multiplient les opérations spéciales, les réseaux sociaux se couvrent de photos de cornets bien garnis, et certains restaurants proposent des menus « spécial frites » pour l’occasion. Certains observateurs, plus taquins, rappellent d’ailleurs que cette journée n’a rien d’officiel ni d’historiquement fondé : elle serait née il y a une dizaine d’années à peine, largement portée par le marketing et les réseaux sociaux plutôt que par une tradition ancestrale. Une célébration qui doit donc surtout son succès à sa popularité en ligne – ce qui n’empêche personne de s’en réjouir, cornet à la main.

La frite belge, une institution
Friterie dans une rue de Bruxelles

Car la frite belge reste, dans le « plat pays », bien plus qu’un simple accompagnement : c’est un totem culturel. La Belgique compte des milliers de baraques à frites, deux musées qui lui sont entièrement consacrés, et une consommation par habitant qui donnerait le vertige à n’importe quel nutritionniste pas prévenu. La double cuisson dans la graisse de bœuf, le cornet en papier, la sauce andalouse ou samouraï : chaque détail compte, chaque fritkot défend sa recette, et personne ne transige sur la texture du dehors croustillant et du dedans fondant.

Et à travers le monde ?

La frite belge exporte joyeusement son folklore au-delà des frontières, portée par les réseaux sociaux et quelques hashtags bien sentis. Mais attention à ne pas mélanger les torchons et les serviettes culinaires : il existe aussi un « World Fries Day », célébré le 20 août, une initiative bien plus récente et lancée en 2017 en Irlande par une entreprise de snacks – rien à voir, donc, avec la fibre patriotique belge du 1er août. De quoi entretenir, chaque été, une belle confusion entre deux journées, deux origines, et deux ambitions bien différentes.

Au Québec, en France, aux Pays-Bas ou ailleurs, la frite belge inspire des variantes locales, des food-trucks spécialisés et des débats sans fin sur la meilleure sauce d’accompagnement. Une chose est sûre : peu de plats aussi simples – une pomme de terre, de l’huile, du sel – ont réussi à générer autant de fierté nationale, de débats historiques et de blagues entre voisins.

16 kg de frites consommées par Belge et par an, en moyenne 5 000+ friteries (fritkots) recensées à travers le pays 1533 date des premières mentions écrites autour de la friture de pomme de terre

Pour prolonger la dégustation

Alors, le 1er août, une chose est sûre : qu’on tranche pour l’origine belge, française, ou qu’on préfère s’abstenir prudemment du débat, personne ne dira non à un bon cornet chaud. Et ça, ni les Français, ni les Belges, ni même les Irlandais du World Fries Day, ne pourront jamais vraiment le contester.

PS : si vous ne voulez pas céder à la tradition belge, vous pouvez aussi vous rabattre sur un repas plus sain – n’hésitez, par ailleurs, pas à consulter notre article sur nos alternatives à la « malbouffe ».

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Écrit par

Florian

Rédacteur chez Recettes.com.

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