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Céréales anciennes : pourquoi elles séduisent de plus en plus nos assiettes

Petit épeautre, sarrasin, seigle, millet… longtemps reléguées au rang de curiosités paysannes, les céréales anciennes reviennent en force dans les cuisines françaises. Portées par la recherche […]

Céréales anciennes : pourquoi elles séduisent de plus en plus nos assiettes
8 juillet 20264 min de lecture

Petit épeautre, sarrasin, seigle, millet… longtemps reléguées au rang de curiosités paysannes, les céréales anciennes reviennent en force dans les cuisines françaises. Portées par la recherche de fibres, de digestibilité et de sens, elles séduisent un public de plus en plus large, bien au-delà des seuls intolérants au gluten. Tour d’horizon d’une tendance de fond, chiffres et sources à l’appui.

Une tendance confirmée par les chiffres

La mode des céréales anciennes n’est pas qu’un effet de style sur les réseaux sociaux : elle se traduit par une croissance de marché bien réelle, portée à la fois par la demande de produits plus riches en fibres et par une préoccupation environnementale grandissante autour des cultures moins intensives.

« Le marché mondial des céréales anciennes est estimé à 5,64 milliards de dollars en 2023, avec une projection à 12,36 milliards de dollars d’ici 2033 (soit une croissance annuelle moyenne d’environ 8,16 %). »

Source : « Spherical Insights, Ancient Grains Market »

Cette dynamique se confirme aussi côté consommation. Un sondage Health Focus International, relayé par le média santé Medisite, indique qu’une majorité de Français ont déjà intégré ces céréales à leurs habitudes alimentaires.

« Selon un rapport réalisé par Health Focus International (une plateforme internationale de santé), environ 60 % des consommateurs disent en consommer au moins une fois par semaine ou plus. »

Source : Health Focus International, cité par Medisite.fr, « Le top 10 des céréales anciennes et leurs bienfaits »

Un engouement d’autant plus justifié que les céréales complètes et anciennes restent, en France, en deçà des repères nutritionnels recommandés par les autorités sanitaires. « Nous n’en consommons pas assez en France. » (Nutripro (Nestlé), infographie citant l’avis de l’Anses sur l’actualisation des repères du PNNS [2016])

De quoi parle-t-on exactement ?

Le terme « céréale ancienne » désigne des variétés peu ou pas modifiées par la sélection variétale intensive du XXe siècle, souvent cultivées de façon plus extensive. En France, les principales sont :

● Le petit épeautre (ou engrain), la plus ancienne céréale domestiquée par l’homme, historiquement cultivée dans les Alpes et en Haute-Provence.

● Le grand épeautre, considéré comme l’ancêtre direct du blé moderne, cultivé notamment en Alsace.

● Le sarrasin, une pseudo-céréale naturellement sans gluten, emblématique de la Bretagne.

Champ de sarrasin

● Le seigle, rustique et adapté aux sols pauvres, star du pain nordique et de certaines spécialités d’Europe centrale.

● Le millet, léger et rapide à cuire, de plus en plus utilisé dans les bols et soupes végétariennes.

À cela s’ajoutent des céréales et pseudo-céréales venues d’ailleurs mais désormais bien installées dans les rayons français, comme le quinoa, le kamut (ou khorasan) ou le teff.

Pourquoi ces céréales séduisent, côté nutrition

Une meilleure tolérance digestive

Le petit épeautre est souvent présenté comme une alternative plus digeste au blé moderne, en raison d’une teneur en gluten nettement inférieure et d’une richesse minérale notable, d’une richesse en oligo-éléments antioxydants (2,6 mg de fer et 34 µg de zinc pour 100 g).

Cette différence explique pourquoi certaines personnes sensibles au gluten (mais non cœliaques) tolèrent parfois mieux le petit épeautre que le blé tendre classique. Il ne s’agit cependant pas d’une céréale sans gluten : les personnes atteintes de la maladie cœliaque doivent continuer à l’éviter.

Une composition nutritionnelle globalement plus riche

Plusieurs travaux de recherche agronomique française se sont penchés sur la composition des blés anciens comparée à celle des variétés modernes, avec des résultats convergents sur la richesse en micronutriments.

Zinc, fer, magnésium et certaines vitamines du groupe B se retrouvent ainsi en quantités plus importantes dans plusieurs variétés anciennes, un point régulièrement mis en avant par les études de l’INRAE sur le sujet.

Le gluten, une question à ne pas simplifier à l’excès

Le seigle et l’épeautre (le grand comme le petit) contiennent bien du gluten, contrairement au sarrasin et au millet, qui en sont naturellement dépourvus. Une nuance importante pour quiconque cherche à réduire – ou à totalement exclure – le gluten de son alimentation, et qui mérite d’être rappelée avant toute substitution.

Comment les intégrer dans ses recettes

Bonne nouvelle : ces céréales ne demandent aucun bouleversement radical des habitudes de cuisine. Elles se substituent le plus souvent directement au blé, au riz ou à la semoule classique, à volume ou poids équivalent, avec un temps de cuisson à ajuster.

● Le sarrasin en grains se cuisine comme du riz, ou bien encore en galettes bretonnes, en blinis ou en pancakes pour un brunch original.

Le petit épeautre en risotto, la plus ancienne céréale cultivée en Europe

● Le petit épeautre remplace avantageusement le riz dans un risotto, avec un bouillon versé progressivement pour une texture crémeuse.

● Le millet s’utilise facilement, par exemple, en soupe, en buddha bowl ou en accompagnement, à la place du boulgour ou du quinoa selon les envies. (Essayez notre recette de salade de millet, magret de canard, abricots, légumes et sauce au yaourt.)

● Le seigle, sous forme de farine, apporte du caractère aux pains maison et aux recettes de saison typées Europe du Nord.

Des recettes à découvrir sur Recettes.com

Le site propose d’autres recettes que celles déjà signalées ci-dessus (avec lien) construites autour de ces céréales.

Galette pour burger au quinoa, aux haricots rouges et aux légumes

Bouillie d’amarante, de millet et de riz aux amandes grillées

Céréales anciennes ou traditionnelles comme le sarrasin

Muesli d’épeautre au kiwi et noix de cajou

Pain au sarrasin (sans gluten)

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En résumé

Les céréales anciennes ne sont pas un simple effet de mode : elles répondent à une vraie attente en matière de digestibilité, de fibres et de diversité nutritionnelle, portée par des chiffres de marché en croissance constante. Sarrasin, petit épeautre, seigle et millet trouvent naturellement leur place aux côtés du blé et du riz, sans complexifier la cuisine du quotidien – de la galette bretonne au risotto d’épeautre, en passant par la soupe de millet ou le buddha bowl au quinoa.

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Écrit par

Florian

Rédacteur chez Recettes.com.

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